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anouar brahem

  • Musique intime

    Dans quel lieu entrons-nous en écoutant cette composition d'Anouar Brahem intitulée La Chambre ? Les notes donnent-elles la solution du lieu ? Difficile à dire. Imaginons alors qu le fil du oud, celui de l'accordéon et celui du piano se croisent pour que nous soyons dans une pièce solitaire. Peut-être est-ce une saison intermédiaire ou une heure de l'entre-deux... On ne croit pas à une mélodie du sommeil (à venir ou dont l'esprit s'extirpe). Plutôt la chambre hors de son usage le plus convenu mais tout aussi essentiel, à s'asseoir par terre, le dos au mur,  à n'attendre rien et voir que dans le coin, là-haut, à peine s'agitant, une petite toile d'araignée.


  • Quelque chose d'incertain...

    Anouar Brahem est un grand musicien, capable de traverser des univers multiples, jusqu'à croiser Garbarek ou Surman. Dans Le Voyage de Sahar, il donne la part belle à un échange avec l'accordéon de Jean-Louis Matinier. Tout y est délié et incertain et les compositions rappellent, dans une lenteur qui n'est ni morose ni fébrile, Uzak, tourné par Nuri Bilge Ceylan. Un Bosphore de neige et de mots retenus...

    Отчуждение, Uzak, фильм, кино

     

    À moins que dans la dérive du chant Matinier, l'esprit glisse vers  une essence sud-américaine, où sous l'orage de Buenos-Aires, tout d'alpaga vêtu, est prévu quelque rendez-vous dans un café dont une rencontre fortuite a parlé comme d'un lieu borgésien...


    Overview of the Buenos Aires's city and its docks in the background during a heavy rainstorm, August 12, 2011. REUTERS-Enrique Marcarian

                                                                        Photo : Enrique Marcarian       


    À moins que ce ne soit, le corps au parquet, le regard dans le sens des poutres (dehors les nuages font du lait), un moment de repli...

    À moins que ce ne soit tout ce que permettent les dérives de l'imagination, anywhere in the world...

    Le morceau s'intitule Sur le fleuve.

     


     

     

  • Croisements

    Depuis une vingtaine d'années, on nous vend de la world music (comme en littérature on nous assène des vérités sur une littérature-monde dont on cherche en vain à cerner le concept) : une sorte de panacée un peu bruyante pour maisons de disques faisant monnaie d'un exotisme plutôt creux. Puis, il y a des rencontres, apparemment improbables et pourtant magiques. Celle, par exemple, d'Anouar Brahem et son oud avec les Anglais John Surman (saxophoniste et clarinettiste) et Dave Holland (célèbre contrebassiste). Une rencontre où la voix de chacun se reconnaît, sans empiéter sur celle de l'autre : tout se fait en douceur et à les écouter (tout l'album, Thimar, sorti en 1998, est merveilleux) on se dit qu'il devait en être ainsi.