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musique

  • Bowie le masque, comme d'habitude

    David Bowie avait compris très vite qu'après les Beatles, la pop aurait pour l'essentiel une perspective plus scénaristique que proprement musicale. De fait, il est plus rusé, dans son image (encore que ce soit plus compliqué) que génial dans ses compositions. Reste de lui deux très beaux albums, le Ziggy, évidemment, et, surtout, Honky Dory, qui doit tant au clavier Rick Wakeman.

    Par une douce ironie, le titre majeur de cet album est une réécriture du Comme d'habitude de Claude François. Il s'agit de Life on Mars ?


  • Entre toutes, Ava Gardner

    Souchon, c'est deux chansons, pas plus. Somerset Maugham et celle qui suit. Ava Gardner n'est pas qu'un visage, une femme fatale. C'est la grâce à jamais perdue d'un être irréductible à ce qu'on aurait voulu qu'il soit (un peu comme Liz Taylor, dans sa dérive avec Richard Burton, en marge de sa carrière) et qui fut une grande actrice. Plus nous avançons dans le toc, le plastique (j'écris bien "le"), l'interchangeable cinématographique (lequel cinéma se confond d'ailleurs de plus en plus avec la pub et la mode), plus son regard inaccessible nous semble familier et plein de douceur. Souchon réussit (par quel miracle ?) à envelopper la sidération autour de sa beauté d'une nostalgie poignante et sans acrimonie...


  • Porcupine Tree, dans le doute...

     

    Je ne sais pas ce qu'est un arbre à porcs-épics. Faut-il d'ailleurs savoir ce qu'est un porc-épic, sinon que l'animal apparaît dans un écrit du terrible Schopenhauer, dans ses Aphorismes sur la sagesse dans la vie :

    « Par une froide journée d’hiver un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s’écarter les uns des autres. Quand le besoin de se réchauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de sorte qu’ils étaient ballottés de çà et de là entre les deux maux jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendît la situation supportable. Ainsi, le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur vie intérieure, pousse les hommes les uns vers les autres ; mais leurs nombreuses manières d’être antipathiques et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau. La distance moyenne qu’ils finissent par découvrir et à laquelle la vie en commun devient possible, c’est la politesse et les belles manières. En Angleterre on crie à celui qui ne se tient pas à cette distance : Keep your distance ! Par ce moyen le besoin de se réchauffer n’est, à la vérité, satisfait qu’à moitié, mais, en revanche, on ne ressent pas la blessure des piquants. Cependant celui qui possède assez de chaleur intérieure propre préfère rester en dehors de la société pour ne pas éprouver de désagréments, ni en causer. » 

    Ainsi ne sommes-nous jamais ni très proches, ni très lointains. Mais peut-être faut-il considérer les choses à  l'envers. Jamais assez proches, jamais assez lointains. Telle est la terrible vérité de ce qui nous échappe : une brusque émotion brownienne dont nous ne savons que faire, un mélange fracassant de bruit et de mélodie, avant que tout ne se disperse.

    Nous sommes , irrésolus.


  • Racine, Fauré et Dieu

    Ce que le présent essaie d'effacer : la spiritualité, l'histoire, le religieux, la langue, l'intériorisation pour être au monde, une part de silence et de solitude, Fauré s'en saisit avec la poésie de Racine. L'extase est brève mais profonde. 


  • L'ouïe

    1-Le bruit des pas sur un macadam humide (la pluie a cessé depuis un quart d'heure)

    2-L'accent d'un Libanais parlant français

    3-L'océan, la nuit

    4-Une voix d'aéroport

    5-Le "cling" de l'ascenseur arrivé à l'étage demandé

    6-La voix de Jean-Louis Trintignant

    7-La machine à sous dans l'intro du Money de Pink Floyd

    8-Le craquement et le souffle des vynils

    9-La scansion de Patrick Brion

    10-L'aria des Variations Golberg, Glenn Gould, 1956.

  • Neil Young, pour la route (s'il y en a une...)

     

    La voix est haut perchée, presque à la rupture, en inadéquation avec l'allure du bonhomme (et plus encore aujourd'hui, tout massif et bourru qu'il est devenu).

    Seul, avec une guitare (et un harmonica), il est sans rival. 

    Don't let it bring you down est extrait de l'album After the goldrush. Sans doute son meilleur après l'indépassable Harvest. Il s'agit ici d'une version live, de 1971.


  • Juste une guitare

    N'allons pas chercher plus loin. Lloyd Cole écrit une chanson simple. Des accords passe-partout. Et le regretté Robert Quine l'habille de sa guitare. 


  • Hubert-Félix Thiéfaine, pour rire (avant la suite, moins drôle....)