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piano

  • Chopin et la légèreté de l'eau

    Parce que Chopin est magique et que Martha Argerich ne l'est pas moins...


  • Didier Squiban, comme un miroir de pluie

    Tu peux attendre que tout s'arrache, que tout se vende, que l'on arase ce que tu as fait. Les lieux les plus pauvres sont ceux qui t'appartiennent le mieux, comme des souvenirs de trois fois rien. Une mer pure ; au lointain, un goémonier qui plonge ses pinces dans l'eau. Le retour se fera comme l'aller, à effleurer les ledenez. Tu reviendras à bon port, les mains dans les poches, sans rien ramener. Pas le moindre caillou, pas la moindre brindille. Tu riras seulement que dans tes chaussures, que tu retires dans ta modeste chambre d'hôtel, il reste du sable de là-bas. Ses cheveux, à elle, mélangent le sel et son odeur qui t'est si douce. Tu te mets à la fenêtre. Quelques nuages, à fredonner Squiban, qui a enregistré son album dans l'église de Molène.


     

  • Pour un retour à la maison, Bach et Tharaud

     

     

    Telle est la nécessité, la vraie... De ces maisons que nous venons habiter autant que le noiseux quotidien nous en laisse l'occasion. Parmi les plus hautes de ces demeures, en ce territoire qui n'est qu'à nous, Bach. Bach joué magnifiquement par Alexandre Tharaud.

     


  • Aldo Ciccolini, magnifique

    Le silence n'est pas rien en musique mais un souffle. Le silence national est, lui, en certaines circonstances, une misère. Aldo Ciccolini est mort dimanche dernier, dans l'indifférence la plus complète. Le Chili, lorsque Claudio Arrau disparut, décréta trois jours de deuil. On devrait parfois s'inspirer de ces terres étrangères auxquelles les petits-maîtres politiques aiment rappeler que la France est l'Olympe culturelle.

    Aldo Ciccolini et trois minutes en Espagne, avec Albeniz. Maestro absolu...


     

  • Ravel, conteur

    Ravel avait le goût de l'enfance. Sa musique a la générosité d'une promenade fureteuse. Ma Mère L'Oye a été composé pour deux enfants mais l'éternité en reçoit l'héritage ; c'est une magie qui touche nos vies adultes, précieusement. Et quand Martha Argerich et Lang Lang sont les semeurs de notes, le bonheur est parfait.


  • Alkan et Honegger, à toute vapeur

    Ce Chemin de fer composé par le très méconnu Charles-Valentin Alkan touche moins par son caractère virtuose que par l'imaginaire suggéré, un délice avec une ombre d'effroi, par la vitesse de cette invention démoniaque dont certains disaient qu'elle pouvait vous ramollir le cerveau. Cette pièce date de 1844 (le train en France à moins de vingt ans). Elle a une charge romantique et sans doute que l'on passerait vite s'il n'y avait pas le titre. C'est alors qu'on écoute cette course, à l'allure variable, et qu'on s'essaie, mais en vain, de comprendre cette troublante fascination devant un engin devenu pour si banal. 


     

     

    Honegger, quatre-vingts ans plus tard, donne une tournure plus dramatique à cette aventure, comme si l'architecture de la musique orchestrale était plus à même de rendre l'emballement bruyant et que la forme brutale prenait le pas sur le rêve de voyage. Le titre dit tout, d'une certaine manière, avec une ironie à peine voilée : Pacific 231. Ce n'est plus le rail mais la bête. Un petit côté zolien qui traîne, surtout vers la fin.




  • Debussy, diluvien

    Un piano qui ruisselle, une légèreté de saison intermédiaire. Plutôt le printemps que l'automne sans doute. Des notes qui courent et de penser à l'arbre en fleurs (alors oui, le printemps) où l'on va se réfugier à moitié, à moitié seulement parce que l'arbre est toujours un parapluie ajouré, mais on fait comme si et on regarde les frondaisons gémir doucement du déluge. Ce sont Les Jardins sous la pluie. L'herbe est terriblement verte. Trois minutes à peine avec Debussy et Martha Argerich pour finir trempé mais vivifié et heureux.



  • Virevoltant, Schumann

    Les papillons de Renoir font alors écho à ceux musicaux de Schumann, un Schumann léger comme une promenade de bonheur. Rien à dire de plus, sinon, peut-être, écouter le second en contemplant le premier. Quand, en plus, l'œuvre est sous la main de Catherine Collard, tout devient parfait.




  • Satie, fructueuse ironie

     

    Érik Satie n'est pas un grand compositeur, évidemment. Ses œuvres servent aujourd'hui très bien les intermèdes paysagers dans les documentaires où un écrivain se raconte, ou bien s'il s'agit d'évoquer une cité hanséatique, avec de belles images d'automne.

    Les Gymnopédies, les Gnosiennes. Scies contemporaines pour émission de milieu de nuit.

    Il n'empêche que Satie, axé qu'il est sur le rythme autant que sur la mélodie, est souvent mal joué. Cavalcade ou niaiserie. Et c'est dommage.

    Les critiques ne furent pas tendre avec le rosicrucien et l'un trouvait que sa musique était sans forme. L'homme ne manquait d'esprit et composa ces trois morceaux en forme de poire qui suivent.