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  • L'effet papillon


      Salle de bain, hotel, Sofitel, New-York, hotel, Dominique, Strauss-Kahn, tentative, viol.

    Une salle de bain à New York....

     

     


     

    ... Une douche froide à Paris.

     

    Le jeu de mots est facile, le raccourci plaisant. Un peu comme une blague potache. Mais, au fond, rien qui ne soit autre chose qu'une anecdote, un barbouillage tragi-comique de turbulence pré-électorale. Rien de concret, de vivant, d'ouvert pour qui la vie n'est pas facile (selon le principe d'euphémisation généralisée de l'époque), pour les fragiles, pour ceux qui voudraient de la politique...



  • 11-Monumental

     

    La série "À la lumière de..." reprend les photos que Georges a. Bertrand m'avait proposées pour la série "À l'aveugle". Il m'a depuis donné les indications concernant leur localisation et les conditions dans lesquelles elles ont été prises.

     

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    Le cortège funéraire va passer. L'hommage à la sœur du roi sera alors accompli mais il ne siéra pas que nous partions aussitôt, que nous fissions comme le sable gorgé d'eau qui absorbe aussitôt nos empreintes. Ce serait lui manquer de respect. Il faudra que nous attendions les ordres pour, sans ostentation, dans un silence mesuré, reprendre la banalité de nos vies. Le chef et son éternelle impassibilité sauront mettre fin à l'après de la cérémonie, tandis que moi, qui voudrais tant lui ressembler, je me perds déjà, un instant, avec discrétion ; et mon esprit scelle son ennui dans le tombeau d'un regard jeté au sol.

     

    Photo : Scouts thaïs attendant le cortège funéraire de la sœur du roi décédée un an auparavant.

    Texte "À l'aveugle" : Manu militari

     

  • Promenade dans un autre temps

    Une mienne connaissance joue du clavecin. Elle parle avec délectation de ses heures en compagnie de cet instrument si anachronique dans un monde qui pianote et s'électrise.

    Le clavecin est une délicatesse surannée, une vraie féminité dans les pas, quels ils soient, lents ou rapides

    Scott Ross, autodidacte génial, a enregistré les 555 concertos pour clavecin de Domenico Scarlatti. La prouesse technique rejoint le défi physique et la réflexion sur ce qu'est la totalité d'une œuvre. Cela ne date pas d'un siècle mais c'est pourtant une épreuve dont on sent qu'elle n'est plus vraiment de notre contemporanéité.




  • 10-Qui sait ?

    La série "À la lumière de..." reprend les photos que Georges a. Bertrand m'avait proposées pour la série "À l'aveugle". Il m'a depuis donné les indications concernant leur localisation et les conditions dans lesquelles elles ont été prises.

     

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                                        (Pour Marc, Élodie et Alice)

     

    Puis il est parti, vers l'ouest, de l'autre côté du Bosphore, ce morceau d'Istanbul où je n'avais pas souvenir que nous fussions alors jamais allés (à l'époque où nous avions croisé le photographe et nous étions jeunes, Nemet et moi).

    Il est parti, comme tant d'autres. Il a pris le ferry. Le vacarme s'est allégé. Il en était toujours ainsi. L'endroit fonctionne comme une pompe. Mon frère m'a demandé si je savais d'où il venait. Comment aurais-je pu ? La gare brasse le monde sans exiger la carte de chacun. Certain qu'il n'était pas d'ici : teint blanc, cheveux gris. Je ne savais pas. Nemet avait les yeux dans le vague.

    Nous aimions tant, lui et moi, observer le trafic, en attendant que notre père finisse son service. Marouan, qui prenait le roulement suivant, nous amenait parfois, et pendant une demi-heure nous mettions le nez à la vie. J'aimais les visages et c'était la première fois qu'on nous prenait ici en photo. Il nous a remarqués. Nous avons souri. Il a compris. Puis il est parti.

    Mon frère fixait l'espace, croyant, peut-être, que l'étranger reviendrait sur ses pas, retraverserait la mer, pour nous saluer d'un geste plus marqué encore, et définitif. Se souviendra-t-il de nous ? Parce que moi je ferai tout pour ne pas l'oublier.

    Qui sait, si Nemet n'avait pas ainsi parlé, ce qu'il en serait advenu de lui, de cet inconnu. Il serait tombé dans la fosse des jours. Mais les yeux fermés, aussitôt, j'ai éprouvé à la fois sa présence et les prémices de sa relégation mémorielle. Il ne fallait pas se faire d'illusion.

    J'ai regardé Nemet. Il doit être de Manchester. Il avait un écusson sur son tee-shirt. Tu es sûr ? a dit mon frère. C'est loin ? Je lui montrerais dans un atlas à la maison. Il s'est remis à fixer l'attente. Plus loin que la Grèce. Oui.

    Les années ont passé et de tous ceux qui ont dans nos vies traversé les dix suivantes, jusqu'à ce jour, il est un des rares qui demeurent. Nous en parlons avec un air maintenant amusé. Il est le mancunien dont les traits se sont malgré tout estompés, le lointain qui n'est pas plus anglais que moi (je n'ai rien dit à Nemet de mon mensonge), mais que nous avons nourri d'une existence hypothétique. Il a un prénom. Nemet me demande parfois s'il en fait de même avec nous, si dans les moments où il passe en revue tous les clichés qu'il a pris il s'arrête sur nous, s'interroge sur le temps écoulé : la fin de notre enfance, l'adolescence en partie consommée, à Nemet et à moi, tout cela mangé comme un pull en laine ; s'il s'arrête sur nous, photo peut-être jaunie, aux couleurs délavées.

    Nemet dit parfois qu'il aimerait aller à Manchester et s'en remettre au hasard de le croiser, de le reconnaître et de lui serrer la main. À moins, ajoute-t-il, qu'il ne revienne à Istanbul. Et quand il y réfléchit un peu plus longuement, mon frère se demande comment faire pour qu'il sache où nous habitons aujourd'hui, à Galatasaray, Minali Beyoglu 454, Istanbul.


     


    Photo :  Gare de Heiderpasa, Istanbul (côté asiatique)        

    Texte "À l'aveugle" : Passage à l'âme

     

  • La belge démocratie...

     

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    En Belgique, le vote est obligatoire, sous peine de sanction. Le Belge croit donc en la démocratie, en l'effectivité du vote, en la capacité de l'urne électorale à faire bouger les choses. Présenter le pays ainsi, c'est tout de suite avoir envie de retourner lire Baudelaire. Le Belge est naïf ! Il faut dire qu'il n'habite pas vraiment un pays. La Belgique est historiquement une bonne blague. Cela ne rend pas les citoyens de ce royaume moins sympathiques, moins chaleureux. Ils ont en plus les meilleures bières du monde...

    Bref, le Belge est démocrate et nul ne peut se soustraire à ce diktat du vote. Du coup, un esprit facétieux, voire sarcastique, se délecte devant la situation d'outre-Quiévrain. Depuis près d'un an, ces férus du bulletin sont sans gouvernement. L'exécutif est introuvable. Faut-il s'en réjouir ? Ce n'est pas vraiment notre problème, dira-t-on. Certes, mais ce paradoxe, d'un pays où l'impératif électoral va de pair avec sa nullité pratique, ne manquera pas de piment.

    C'est qu'en effet la roue continue de tourner, le manneken-pis de pisser, Bruxellles d'accueillir le gratin de la bureaucratie européenne. Et de se demander ce qu'est alors le politique ? Non pas à la manière des Grecs, ou sur le plan d'une philosophie complète ; plus simplement s'interroger sur la détention du pouvoir. Le politique procède-t-il des mandats électifs que les élus belges semblent ne pas vouloir honorer jusqu'au bout, puisque nulle majorité ne se dégage ? Ou bien n'est-il pas, dans le fond, niché dans un appareil d'État qui fait bouillir la marmite et met de l'huile dans les rouages ? Vaste sujet, comme aurait dit le Général (oui, celui du coup d'état permanent...), lequel Général n'aimait guère la vacance du pouvoir (quoiqu'en 68, il y eut du flottement...). Il n'empêche que j'en viens à penser que la sécurité démocratique de la Belgique rend, et ce n'est pas rien, possible l'inexistence de ce qui fait l'essence de cette logique politique : un gouvernement sorti des urnes.

    À ce niveau, il devient difficile d'inciter le citoyen à se déplacer. L'exemple belge pousse à croire que des politiciens il n'est nul besoin, que c'est une engeance parasitaire et que l'essentiel, pour un pays, est d'avoir des fonctionnaires sérieux et compétents qui s'acquitteront de l'essentiel quand les histrions ministériels bafouilleront encore et encore sur des sujets dont ils ne comprennent rien. Les choix des politiques seraient-ils des formes risibles d'un aléatoire qui n'a pas grand chose à monnayer, parce que, justement, la réalité de la décision se trouve ailleurs. Étrange sentiment de voir un pays sans ligne directrice, sans discours qui le concerne (sinon les débilités séparatistes flamandes) et pourtant toujours existant, comme si de rien n'était.

    Cette fausse anarchie, produit d'un pouvoir en suspens sine die, est une des belles ironies de ce début de siècle, une histoire belge qui, pour l'heure, n'a pas eu de conséquences visibles ; mais, à la manière désabusée d'un La Fontaine, attendons la fin.


  • Récupérer



    Opération Crossroads, Atoll de Bikini, 1946

    Une esthétique mortelle, en quelque sorte...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Et maintenant, fermer les yeux et penser très fort à un maillot de bain, deux pièces, peu de tissu. Un bikini. Une idée de Louis Réard, en référence aux premiers essais dans l'atoll. Des bombes, des femmes, des femmes, des bombes... Du tact, non ? Ce qu'on appelle sans doute un concept... Faire du fric...

  • Vitrifier

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    Ne compte de transparence que la tienne, en ce monde, ta transparence citoyenne, sa belle impuissance. Tu es là, en ligne de mire, comme au bout d'un fusil à lunette, avec silencieux. Ils te traversent. Tu es transparent et la vérité lettre morte.

     

    Photographie : Stb'art

  • Négliger

     

    Dix milliards d'individus en 2100. Cela ne t'effraie pas, qui seras mort depuis si longtemps. Le futur n'est plus qu'un effet d'annonce, une abstraction...

     

    Photographie : Patrick Yardt

  • S'identifier

     

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    "N'importe qui peut être n'importe qui"

    Luke Rinehart, L'Homme-dé, 1971